jeudi 4 août 2016

Warcraft : Le commencement ... de la fin ?





Belle déception ce soir. « Warcraft : Le commencement » est loin d'être aussi excitant que ce qui était annoncé sur le papier. Le constat est assez simple : S'il est exceptionnel sur la forme, le film est désespérément creux sur le fond.


Passe encore le scénario un peu simpliste. On le sait, la série de jeux c'est de la stratégie où l'on envoi gentiment les humains et les orcs se mettre sur la gueule l'un l'autre et réciproquement. Du coup l'histoire en elle-même reflète bien cet état de fait.

Par contre, plus grave, le manque de profondeur des personnages saute à la tronche dès les premières images. Or sur un scénario simple, il reste tout à fait possible de faire d'excellents films avec des personnages bien écrits. On peut même faire des films cultes, revoyez « Mad Max : Fury road ». Or là, aucun des personnages n'arrive à provoquer d'empathie de la part du public, certains tapant sans vergogne dans la caricature éculée. Du coup, ils peuvent bien faire ce qu'ils veulent, on s'en tamponne. Et les pauvres acteurs n'ont aucune possibilité de les rendre intéressant tant la platitude du script ne leur laisse pas la moindre chance de jouer vraiment.

Le tout est orchestré par une mise en scène qui se repose entièrement sur ses paysages magnifiques, ses décors somptueux et ses effets spéciaux de folie. Mais dès qu'arrive une scène de dialogue, on baille à s'en décrocher la mâchoire. Du coup, les scènes d'action en prennent un coup puisque on se contrefout de savoir si les héros vont mourir ou non.

Les enjeux dramatiques sont inexistants dans les deux tiers du film et, quand finalement ils arrivent, ils tombent évidemment à plat.

En bref, si d'un point de vue technique « Warcraft » explose tout ce qui a été fait jusqu'à présent, le scénario et la mise en scène plombe lourdement le tout. On se sera rarement autant ennuyé devant un spectacle aussi épique.

Captain america : civil war





Difficile de critiquer « Captain america : civil war » sans se répéter. C'est à croire que Marvel a vraiment fait exprès de mélanger le pire et le meilleur dans ses films pour créer un nouveau style. Le film est bon, mais... mais encore une fois, Marvel s'échine à massacrer ses œuvres en imposant des scènes pour rattacher le film du moment dans son univers, s'éloignant ainsi du héros en question et de l'intrigue en cours.


À ce titre « Civil war » semble être passé bien près de la catastrophe de « Iron man 2 » qui n'était qu'une longue bande annonce pour « Avengers » dénuée de tout intérêt. Cela dit, « Civil war » aurait mérité de s'appeler « Avengers 3 » tant on s'éloigne régulièrement de Captain america. L'intrigue même liée au héros titre tiendrait sur un post it, et pas la grande taille. Le film se concentre plutôt sur le conflit interne des Avengers face à leur responsabilité dans les destructions massives qui parsèment chaque film précédent de la série. Et encore pas tant que ça, vu que le problème semble se résumer à savoir s'il faut sauver ou tuer Bucky, le pote du Cap'.

Le thème de la responsabilité des super-héros ayant déjà été traité auparavant, il est clair que le manque de psychologie de « Civil war » joue contre lui après « Batmas vs Superman » et même « Les indestructibles » de Pixar (au final peut-être le meilleur du lot). Les arguments des héros pour choisir un camp ou l'autre sont plus que simplistes quant ils ne sont pas carrément hors sujet (la panthère noire), tandis que la subtilité et l’ambiguïté qui aurait pu provoquer un quelconque intérêt dans cette lutte fratricide pointent aux abonnés absents (on sait que la veuve noire va finir par changer de camp avant même qu'elle le sache elle-même).

Difficile donc d'apprécier le film pour son histoire épaisse comme feu un sandwich SNCF. Ce n'est malheureusement pas non plus la mise en scène qui sauvera cet épisode. En effet, difficile d'imaginer scène plus plate que les deux groupes de héros se faisant face avant leur affrontement à l'aéroport, scène de combat qui, elle, est carrément dantesque. C'est un signe. La plupart des films mauvais fais par de bons réalisateurs sont souvent un symptôme d'une interventionnite aiguë des studios en production, voir le cas de Spielberg et de « Jurassic park 2 » (film qu'il avait pas envie de faire et ça se sent). La rencontre de tant de héros en un seul film est difficilement concevable sans que les exécutifs de Marvel y soient pour quelque chose. Pour preuve l'apparition de Spider-man qui suite à une présentation trop longue qui ne raconte quasiment rien se termine en quelques secondes. Heureusement que le charisme de Spidey reste intact mais, clairement, sa présence est seulement due au besoin de lancer la nouvelle franchise de films à son nom qui s'intégrera donc aussi dans l'univers Marvel. Cela laisse augurer le pire.

Mais le film a aussi ses bons côtés. Évidemment, comme dans chaque Marvel, les scènes d'action sont énormes et jouissives. Elles l'auraient même étaient encore un peu plus sans cette manie énervante de faire trembler la caméra, parfois pour rien, dans le but de donner un faux sentiment d'intensité. Le combat final entre le Cap', Bucky et Iron man est d'une rare violence dans un univers cinématographique qui tend pourtant à s'aseptiser film après film. Et il faut reconnaître que les personnages sont plutôt bien écrit, du moins pour les plus importants. On oubliera par contre le toujours inutile War machine ne servant ici qu'à relancer la rage de Tony Stark (ce dont on se fout puisque War machine n'a jamais provoqué la moindre empathie du public vu qu'il n'est qu'anecdotique dans les films précédents). On a déjà parlé du tisseur dont l'apparition remarquée ne sert pas à grand chose mais on oubliera Vision, personnage tout puissant qui devient un grand benêt maladroit sans raison apparente. On oubliera aussi le vrai méchant du film qui sert tout juste de simple prétexte et qui n'ai jamais fouillé en profondeur. D'autres personnages sont bien mieux servis comme les débuts remarqués de la panthère noire, ou celui de la sorcière rouge.

En résumé, Marvel a fait son habitude de mêler le meilleur et le pire dans chacun de ses films qui reste un agréable moment en salle sans pour autant laisser un souvenir impérissable. « Captain América : Civil War » échappe quand même au vraiment pire grâce à son duo de réalisateurs qui avaient déjà réussi à adapter le personnage symboliquement très casse-gueule (le drapeau américain personnifié, très subtil) dans les deux premiers opus en lui faisant craindre l'autorité étatique et en cherchant à agir en indépendant pour la justice, ce qui fait de l'histoire de « Civil war » un parfait écrin pour son développement, et ce qui aurait encore été meilleur avec un scénario plus profond.

Batman vs Superman





« Batman vs Superman » me laisse sur un sentiment mitigé. C'est un assez bon film, bien plus adulte et bien plus sombre que la totalité des Marvel réunis (Oui, même « Deadpool », comme quoi il suffit pas de balancer des vannes graveleuses tous les 5 minutes pour faire adulte) mais quand même, il y a un je ne sais quoi qui empêche d'y prendre un putain de vrai pied.


Bon, il y a bien des erreurs qu'on pourrait relever, évidemment, en premier lieu un Lex Luthor raté. Entre ado attardé, tentative de faire du Joker et quelques poils de mysticisme halluciné tendance prophétique, le personnage ne convainc jamais vraiment ou peut-être à un détour ou deux du film. Le reste des personnages s'en sortent pas mal, même la pauvre Wonder Woman qui pourtant est d'une totale inutilité dans l'intrigue et ne sert qu'à introduire (rapidement et bêtement) les autres héros de la future Justice League qui font une apparition éclair uniquement pour justifier le sous-titre.

De toute évidence, que ce soit pour Marvel ou DC comics, le fait de vouloir à tout prix rattacher leurs films à un univers plus grand rabaisse immanquablement chaque production. La plupart du temps ces scènes sont bâclées et ne serve pas l'intrigue du film qu'on regarde. Il fallait juste les mettre. Ici, le conflit qui oppose les deux rôles titres monte crescendo tout au long de l'histoire pour finir de manière particulièrement stupide. [Attention SPOILER] Les deux super-héros sont sur le point de s'entre-tuer puis deviennent les meilleurs potes du monde en quelques dixièmes de secondes parce qu'ils se rendent compte que leurs mères avaient le même prénom. Toutes les raisons pour lesquelles les deux héros en sont venus aux mains jusqu'à tenter le meurtre disparaissent soudainement sans rien ajouter.

Toujours est-il que au moins, Snyder sait comment caractériser ses personnages et il est clair que les exécutifs des studios Marvel devraient en prendre de la graine pour ce qui est de filmer des scènes de dialogue qui, si elles sont toujours un peu trop longues, ne se contentent pas de donner juste des explications. Rien à redire également sur le style très personnel du réalisateur (souvent copié) qui continue d'en mettre plein la vue, parfois même un peu trop. Snyder a toujours été un OVNI dans le monde du cinéma et chacun de ses films nous rappelle qu'il est unique, en bien ou en mal.

Bref, « BvS » s'en sort extrêmement bien tandis qu'il reste accroché à ses deux personnages principaux qui, dans les premières parties du film, trouvent un équilibre parfait. L'équilibre vacille peu à peu lorsque les enjeux dramatiques sont balancés pour se concentrer sur des scènes au premier degré, à tel point que la fin du film ressemble plus à une fin de « Man of steel 2 » tant Batman ne se montre pas à la hauteur du combat contre Doomsday, personnage également anecdotique d'un point de vue scénaristique qui est juste là pour gueuler, cracher le feu et donner des gnons. 

Au final, on retiendra de superbes scènes emblématiques et iconiques noyées dans d'autres passages pas du tout à la hauteur.

Zootopie





« Zootopie » est une bonne petite surprise. N'étant pas allé au cinéma trop convaincu (il me restait un billet et rien d'autre de tentant), je me suis retrouvé face à un vrai bon film, et même excellent. Certes, je savais que Disney s'améliorait depuis que John Lasseter (directeur de Pixar) était devenu le directeur de l'animation de tout le studio. Il a en effet viré tous les exécutifs de son niveau pour recentrer le travail sur les artistes, tant les réalisateurs que les dessinateurs. Le résultat s'était déjà fait sentir avec le succès de « la reine des neiges » (libéréééééeee, délivrééeeeee, ça y est je vous l'ai mis en tête) que ce qui reste d'exécutifs ont bien commercialisé derrière.


On est clairement dans une nouvelle phase de Disney bien plus excitante qu'auparavant. En soit, « Zootopie » va beaucoup plus loin de ce qu'on pouvait espérer du studio aux grandes oreilles il y a encore quelques années de ça. Dès le début du film, on nous présente un monde à l'apparence parfaite qui va aussitôt s'égratigner avec une scène assez brutale. Le reste du film va osciller entre la vision colorée et lumineuse de la société idéalisée, et celle beaucoup (et parfois vraiment beaucoup) plus sombre de la réalité qui se cache derrière. Toutefois je rassure les parents qui me lisent, tout est bien calibré pour les enfants. « Zootopie » malmène le monde parfait dont Disney nous abreuvait dernièrement comme « la reine des neiges » a recadré l'image trop parfaite du prince charmant.

Certes certaines scènes sont vraiment sombres (le film raconte une enquête policière) et parfois violentes (no soucy, calibré je vous dis) mais ce n'est rien de bien méchant et, surtout, cela permet au film de gagner en émotion. Pour une fois dans un film destiné aux enfants, les dangers auxquels font face les héros sont réels (donc parfois un peu effrayants), ce qui développe l'empathie pour les personnages principaux. Ne plus surprotéger bêtement les gamins,tout en gardant la limite à l'esprit, permet à « Zootopie » de se hisser au sommet des films d'animation récents, juste derrière le merveilleux « Vice-versa » de Pixar (Lasseter again). 

Intelligent (le thème du vivre-ensemble est très bien traité), drôle (le parrain de la mafia à mourir de rire), voir hilarant (les fonctionnaires qui sont tous représentés par des paresseux, un peu cliché mais j'en ris encore en y repensant), sombre, lumineux, brutal, mignon, etc... « Zootopie » est un petit chef-d’œuvre à voir absolument.

Deadpool





« Deadpool » me laisse un goût mitigé. Encore une fois, comme pour tous les films produits par Marvel, l'action est au rendez-vous et l'on ne s'ennuie pas durant toute la projection. Toutefois le scénario est quand même bien mince et, là aussi un principe de Marvel, un ou deux passages tirent en longueur.


Ce qui fait le film c'est donc surtout son personnage, iconoclaste, violent et outrancier. Les dialogues débordent d'humour grossier, parfois pertinent et parfois très lourd. Il est difficile d'être catégorique pour « Deadpool » car ce qui fait son charme est également ce qui, à la longue, nous gave.

Si ça reste un bon film, et l'un des meilleurs en termes de super-héros Marvel, il est aussi difficile de comprendre l'engouement d'un certain public qui jubile parce qu'il n'a « jamais vu ça ». Mouais. C'est là qu'on se dit que les générations se suivent et ne se ressemblent pas. « Deadpool » peut bien passer pour un film outrancier pour qui n'a pas vu le culte, sombre, romantique et ultra-violent « Robocop » ou l'excellent « Darkman » de Sam Raimi, dont ça ne m'étonnerai pas que « Deadpool » se soit largement inspiré pour le coup du héros défiguré qui ne veut pas reparaître devant sa petite amie.

Mais bon, malgré une baisse de rythme en milieu de parcours et quelques passages un peu lourd, « Deadpool » reste un film sympathique tout à fait regardable et qui a le mérite de remettre le film fantastique/action pour adulte au goût du jour. Espérons que son chiffre d'affaire mirobolant encouragera les studios à relancer ce genre de films un peu moins consensuels (voir carrément pas, je suis preneur) pour un public plus averti.

Ash vs Evil Dead





Aujourd'hui je ne parlerai pas de cinéma, mais de série. Je viens de voir la première saison de « Ash vs Evil Dead », suite de la trilogie « Evil Dead » de Sam Raimi (La première, et seule valable, triogie de « Spiderman ») au cinéma. Si comme moi vous étiez fans des films, l'idée de voire transposer l'univers gore et déjanté d'« Evil Dead » à la télévision a dû vous donner des sueurs froides. Rassurez-vous, c'est du très bon. Ceci étant probablement dû aux producteurs originaux des films (Raimi donc mais aussi Bruce Campbell, l'acteur principal, et Robert Tapert) qui ont tenu à garder le contrôle de toute la production afin de pouvoir autant s'amuser que dans le temps.


À ce titre, le premier épisode de la série est réalisé par Sam Raimi himself qui s'en donne à cœur joie. Avec le nombre de remakes et de reboots bancals de vieux films et de vielles séries auquel on a droit aujourd'hui, on commençait à perdre espoir de pouvoir un jour avoir les mêmes sensations que les chefs d'oeuvre de notre enfance et notre adolescence. Et bien, dans cet épisode pilote, Raimi nous montre qu'il n'a rien perdu de son énergie et de son humour dévastateur. À tel point que cet épisode aurait mérité à lui seul le titre d'« Evil Dead 4 ».

C'est aussi un peu le point faible du coup, car après le généreux feu d'artifice du premier épisode, le reste semble être un peu ralenti. Le rythme des épisodes suivants ne pouvait pas être le même que celui, frénétique, de Raimi et il faut un peu de temps, vers le deuxième ou troisième épisode, pour apprécier pleinement la suite.

Bref, un retour aux sources quasi-inespéré avec des enjeux qui agrandissent l'univers original sans le détérioré (Ash, personnage d'habitude solitaire, devient chef de groupe et on en apprend plus sur les origines du necronomicon) et surtout, du gore bien trash (voir le passage ou un cadavéreux balance un gamin dans un ventilateur), toujours une dose d'humour ravageur, des scènes décomplexées (Ash fume de la marijuana autant qu'il descend des bières), le tout en ménagent quelques passages horrifiques comme on en voit plus et saupoudré une BO de rock old school à tomber par terre. Cerise sur le gâteau, Lucy « Xena » Lawless vient aussi botter du cul de cadavéreux. Jouissif et totalement décalé. Foncez !

Star wars : Le réveil de la force

 

(ATTENTION SPOILERS A MORT, VOUS ETES PREVENUS QU'IL Y A DES SPOILERS. TOUTE TENTATIVE DE ME FAIRE PORTER LE CHAPEAU ENSUITE SERA REFUTE A COUPS DE SABRE LASER DANS LA TRONCHE. NE LISEZ PAS CE QUI SUIT SI VOUS N'AVEZ PAS VU LE FILM A MOINS QUE VOUS FASSIEZ PARTIS DES RARES QUI S'EN TAPENT.) 

Il y a beaucoup de choses qu'on attendait, et parfois craignait, dans le nouveau « Star Wars : Le réveil de la force ». Commençons par le début, j'ai beaucoup aimé. Certes, il s'agit d'un quasi remake de l'épisode 4, gratinée d'un peu d'épisodes 5 et 6. D'un point de vue scénaristique, il aurait sûrement mieux valu adapter l'univers étendu. Néanmoins, le talent indéniable de J.J. Abrams remet les pendules à l'heure et, à chaque fois que le fan que je suis remarquait la tentative de se raccrocher un peu grossièrement à ce qui est déjà connu, le réalisateur parvenait toujours à me replonger dans l'histoire. 

De fait, Abrams ne se cache pas de jouer avec les codes des films précédents. Connaissant un peu le bonhomme, c'est plus que probablement volontaire. Comme il l'a démontré avec ses reeboots de « Star trek », il sait comment parler aux fans. Et c'est finalement le point faible du film également. À trop vouloir en faire pour le fan service, le scénario en devient prévisible, notamment les liens entre les personnages (allez, ne me dites pas que vous ne savez pas qui est le père de Rey). 

Abrams est un réalisateur talentueux, son sens de l'image vous incruste les rétines et sa direction d'acteurs est exceptionnelle, mais il mériterait à se laisser plus de liberté d'action (les fans hardcore vont pas aimer). Quitte à ne pas suivre ce qui a déjà été écrit sur l'après-« Retour du jedi », autant ne pas s'enraciner dans le déjà-vu. À ce titre, les premières apparitions de Han Solo, Chewie et Leia, en plus d'être prévisibles donc, manquent sacrément d'un souffle épique qu'on était en droit d'attendre pour des personnages déjà légendaires. Mais ils se contentent de passer une porte ou de descendre d'un vaisseau avec le charisme de figurants. Heureusement, c'est un peu rattrapé par la suite, notamment la très belle scène (très prévisible, certes, mais très belle) entre Solo et Kylo Ren sur la passerelle. 

Ceci dit, Abrams reste plus respectueux de l'univers « Star Wars » d'origine que le père Lucas avec sa prélogie et si « le réveil de la force » n'arrive pas au niveau de l'ancienne trilogie, il enterre sans peine la tentative de retour du créateur aigri. 

En conclusion, un divertissement plus qu'honnête, traversé de quelques déceptions mais aussi de fulgurances qui font qu'on en ressort quand même content.

Seul sur mars





« Seul sur Mars » n'est pas le meilleur film de la carrière de Ridley Scott mais on s'en fout et lui aussi. Orientant son projet vers la comédie, Sir Scott n'a apparemment pas d'autres buts que de s'amuser et livre juste un très bon film qui fait rire. 


Mais l’œuvre réussit pourtant l'exploit de trouver un équilibre délicat entre des aspects parfois extrême. Au côté fun de l'entreprise s'oppose la rigueur de la mise en scène bien connue du réalisateur, des références de geeks dans les dialogues font place à des hommages appuyés à d'autres grands films de SF (notamment « 2001 l'odyssée de l'espace » et, curieusement, « Alien »), le jeu des acteurs oscille entre vannes et tension,... Bref, d'autres que Ridley Scott se sont cassés les dents sur un tel mélange des genres. 

Seul petit bémol, la tension du film, pourtant vitale à un tel sujet, a du mal à s'installer. Après avoir isolé son héros lors d'une scène d'introduction qui rappelle furieusement l'atterrissage de la navette du Nostromo sur LV-426 dans « Alien », Scott se contente de filmer Matt Damon s'ingénier à trouver des solutions pour survivre le plus longtemps possible, le tout parsemé de vannes qui contredit tout sentiment de danger. C'est également ce qui arrive à « La cabane dans les bois » de Joss Whedon et Drew Goddard. Ce dernier étant également le scénariste de « Seul sur Mars », ceci explique peut-être cela. La première partie est loin d'être mauvaise, mais on sent simplement que le fim hésite entre comédie et suspens. Cependant, la troisième partie du film rétablira l'équilibre avec brio. 

Et puis bon, grosse déception quand même, j'ai attendu tout le film de voir l'alien, mais la bestiole la plus teigneuse de l'univers n'a pas daigné pointer le bout de son nez.

Antman

« Ant-man » est le meilleur film Marvel actuel, c'est à dire depuis que Marvel produit ses propres héros au cinéma et les aseptise peu à peu. On se retrouve presque au niveau d'un « X-men 2 » ou d'un « Spiderman 2 » (époque Sam Raimi, évidemment). 

Presque car, malheureusement, le fait qu'Edgar Wright ait été poussé vers la sortie se fait ressentir. L'inventivité visuelle et le rythme effréné des scènes miniatures alternent avec des passages de dialogues poussifs débités par des acteurs à peine dirigés. Si certains s'en sortent malgré tout, d'autres ne font pas illusion notamment le méchant un peu fade. 

Bref, si l'apport d'Edgar Wright au scénario et à la préproduction sont évident (on reconnaît sans peine d'où vient l'humour dévastateur du film) et sauve brillamment le tout du désastre, on ne peut que regretter que le réalisateur de « Shaun of the dead » ne soit pas resté aux commandes de son bébé pour lui donner un rythme beaucoup plus soutenu et percutant. 

Le fait que malgré ses défauts « Ant-man » soit quand même le meilleur film Marvel à ce jour en dit long sur ce qu'on aurait pu prendre dans les mirettes dans ce cas-là et prouve sans l'ombre d'un doute que Marvel doit plus se reposer sur de vrais cinéastes que sur les exécutifs de son studio.

Jurassic world


« Jurassic world » a une recette très simple. Prenez la trame du premier « Jurassic park » (« On va visiter un parc de dinosaures. Oh, non, ils s'échappent ! »), mélangez avec de gros morceaux d' « Aliens » de James Cameron (« Et si on mettez des caméras à nos militaires comme ça on les verra se faire dégommer à la télé ? ») et rajouter quelques pincées de mièvrerie (« _ Nos parents divorcent _ Quel intérêt pour le film ? _ Aucun. Je disais ça comme ça. »). Secouez le tout dans un shaker d'improbabilité (« Hé copain raptor, tu m'aides à buter le gros vilain dino mutant ? _ Bien sûr copain Trex, les amis c'est fait pour ça. ») et vous obtenez la dernière bouse blockbusterisée du moment.

Bref, 2 heures de réalisation molle et pas inspirée servie par des acteurs en roue libre et une musique qui ne fait que torturer celle de John Williams. On regrette vivement le premier « Jurassic parc » à la vision de cet improbable... chose. Là où Spielberg (crédité en tant que producteur mais ça m'étonnerai qu'il se soit approché du plateau) avait iconisé le Trex lors de sa première et splendide apparition, « Jurassic world » le ridiculise (pas foutu de rattraper une fille qui court en talons haut, bravo titi). 

En conclusion, visionner de toute urgence le premier « Jurassic park ».

Mad Max : Fury road

Je sors tout juste de « Mad Max Fury Road ». Allez le voir rapidement si ce n'est pas encore fait, c'est un chef d’œuvre. 

Il y a plus d'imagination, d'énergie et d'ambition esthétique dans un seul plan de « Mad Max Fury Road » que dans l'ensemble des blockbusters sortis cette année. Oh, allez, soyons réaliste, on peut même compter ceux de l'année dernière. 

George Miller est au sommet. Il se contrefout des codes en vigueur à Hollywood et il assène un bon coup de boule aux films pré-formatés qu'on nous balance les uns après les autres. Tom Hardy reprend le rôle de Max haut la main mais c'est surtout Charlize Theron qui crève l'écran. 

2 heures de folie furieuse à ne pas rater.

Avengers 2

Ayé, j'ai enfin vu « Avengers 2 ». Les scènes d'action monumentales ne parviennent pas à cacher qu'il s'agit d'un quasi-remake du premier opus avec encore moins de scénario, pas de vrais méchants (Ultron balance des vannes comme Loki sauf que là ça tombe à plat) et gratiné de sentiments pré-frabriqués qui ne fonctionnent jamais vraiment. Un pur film de producteurs qui se contentent de reprendre les formules qui marchent (ou plutôt qu'ils pensent qu'elles marchent) et qui laissent le soin au réalisateur d'assembler tout ça. 

Reste quand même qu'on ne s'ennuie pas pendant 2h20 de sons et lumières, mais ce film ne restera clairement pas dans les mémoires.

Le hobbit : La bataille des 5 armées





Ressorti un peu mitigé de « Le hobbit : La bataille des 5 armées ». Que Peter Jackson fasse des versions longues de ses films, très bien, mais qu'il en vienne à bâcler les versions ciné, ça craint. 


Le film se laisse regarder et plusieurs passages sont même excellents mais les premiers actes de bravoure (l'attaque de Smaug sur Lacville, le sauvetage de Gandalf par le conseil blanc) sont carrément expédiés, certains personnages disparaissent sans donner de nouvelles (Alfrid) où apparaissent à l'écran en terminant clairement une action qui n'a pas été montrée. Même la grosse bataille qui fait presque la moitié du film, si elle contient des scènes hallucinantes, laisse entrevoir des manques. 

Il est clair que la vraie version du film sera la version longue, et qu'il faut donc attendre fin 2015 pour voir le dernier épisode du Hobbit.

vendredi 7 septembre 2012

Intégrisme

Après je ne sais combien de temps à ne plus alimenter ce blog, me revoilà... C'est un peu idiot de dire ça parce qu'une personne qui prend le blog à partir de maintenant ne s'apercevra pas que je me suis longuement absenté et ça lui fera bizarre.
Enfin, nouveau lecteur, mon ami, mon frère, au moins te voilà prévenu, si tu veux de la mise à jour quotidienne, change de blog.
Sinon, moi ça va. Je travaille donc enfin (ce qui explique aussi mon absence) et même si mon boulot me tape sur les nerfs par moment de plus en pus rapprochés, j'arrive encore à faire deux ou trois trucs, comme gérer Edenya et faire un strip ou deux sur stripgenerator.
C'est d'ailleurs grâce à ce dernier que je me remet à ce blog. Je voulais vous présenter ma dernière oeuvre dont je suis, je dois le dire, assez fier... d'un point de vue scénaristique évidemment, puisque le dessin n'est pas vraiment de moi. Voilà, je vous présente donc un strip en 4 cases appelé "Integrisme" et qui donne ma vision de ceux qui parlent à la place de dieu sans lui demander son avis.



P.S. : On pourra me reprocher que, pour un athée, je n'ai pas à m'occuper de religion (c'est un reproche qui est souvent fait). Certes, je m'en passerai bien, mais la religion fait parti de la société et l'influence plus ou moins. A ce titre, tous ceux qui se considèrent comme citoyens doivent y réfléchir, ou du moins la prendre en compte.
Et puis je pense que les vrais croyants ne trouveront rien à redire à ce strip.

samedi 12 février 2011

La tortue et la Démocratie

La situation en Egypte et en Tunisie m'a inspiré un petit texte sur la Démocratie, son cheminement et sa pérennité. Avec en plus des tortues. Je vous laisse apprécier :


« Je crois que l'on peut comparer la naissance d'une Démocratie à celle d'une tortue.

D'abord, elle peine pour sortir lentement du sable sous laquelle on l'a enfuit. La petite tortue doit ensuite parcourir la plage pour rejoindre l'océan et son horizon interminable. Mais elle n'y est pas habituée et patine dans les grains chaud du bord de mer, cherchant à comprendre comment avancer.

Et lorsqu'elle arrive à peu près à cheminer correctement, elle se rend compte que nombre de prédateurs l'attendent au détour d'une dune, d'un trou ou d'un quelconque recoin. La petite tortue ne peut pas compter sur sa vitesse ou sur sa force, pas même sur sa jeune carapace qui ne la protégera pas bien longtemps des coups de ses farouches ennemis.

Elle n'a qu'une seule chose, sa détermination toute concentrée sur le bruit des vagues qui lui font face, son objectif de liberté.

D'autres avec elle tenteront leur chance. Mais le hasard peut faire basculer le destin de n'importe laquelle à sa perte. La petite tortue n'a qu'une idée, avancer, encore et encore, envers et contre tout. Son seul salut est l'eau tumultueuse. Elle ne détourne pas son regard de l'horizon bleu. Déterminée.

Et enfin, la petite tortue parvient sur le ressac. Une vague la submerge alors et elle se laisse emporter par la joie de la victoire. Ici, elle se mouve avec aisance et rapidité. C'est bien son élément, celui pour lequel elle a été faite. Mais soudain, d'autres ombres se profilent. Et la petite tortue s'aperçoit que d'autres prédateurs, bien plus dangereux, nagent dans les eaux troubles. Elle comprend alors que pour grandir et atteindre un âge mûr, elle devra être vigilante, constamment et sans faillir. »

dimanche 6 février 2011

Denis Robert blanchi

Denis Robert avec Guy Bedos


Un article du nouvelobs.com :


La cour d'appel de Paris avait condamné le journaliste pour diffamation le 16 octobre 2008, notamment pour un documentaire diffusé sur Canal+ en mars 2001, ainsi que pour deux de ses ouvrages.


La Cour de cassation a annulé jeudi 3 février une condamnation en appel du journaliste Denis Robert, poursuivi par la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream qu'il accusait d'avoir blanchi de l'argent sale. La cour d'appel de Paris avait condamné Denis Robert pour diffamation le 16 octobre 2008, notamment pour un documentaire diffusé sur Canal+ en mars 2001, intitulé "Les dissimulateurs", ainsi que pour deux de ses ouvrages, "Révélation$" et "La Boîte noire".


L'ancien journaliste de Libération avait été condamné en appel à payer un total de 4.500 euros de dommages et intérêts ainsi que plusieurs milliers d'euros de frais de justice. Clearstream avait par la suite proposé un arrangement à Denis Robert, que celui-ci avait refusé. Il avait alors formé un pourvoi en cassation.

"C'est la fin de dix ans de combat judiciaire"

Dans un arrêt rendu jeudi, la 1ère chambre civile de la Cour de cassation a cassé la décision de la cour d'appel de Paris, en relevant "l’intérêt général du sujet traité et le sérieux constaté de l’enquête". "C'est la fin de dix ans de combat judiciaire, je suis soulagé", a déclaré à l'AFP Denis Robert. "C'est une décision qui va faire jurisprudence car la Cour a reconnu qu'un journaliste pouvait commettre de petites erreurs s'il est comme moi de bonne foi et s'il couvre un sujet d'intérêt général en menant un travail difficile dans le milieu opaque de la finance", a-t-il commenté.

Denis Robert compte désormais demander réparation à la chambre de compensation, ainsi que des publications dans des journaux. "Et les livres, qui étaient jusqu'ici interdits, vont pouvoir ressortir", s'est-il réjoui. Le tribunal correctionnel de Paris avait jugé Denis Robert au procès Clearstream, aux côtés notamment de Dominique de Villepin, et l'avait relaxé en janvier 2010, estimant que les poursuites contre le journaliste étaient incompatibles avec la Convention européenne des Droits de l'Homme (CEDH) garantissant la liberté d'expression.

(Nouvelobs.com)

mercredi 20 octobre 2010

L'épopée de Gilgamesh



Pour tromper l'ennui entre deux coups d'oeil à des annonces inadaptées d'offre d'emploi, il m'arrive d'aller acheter quelques petits trucs, comme des Bds. J'ai acheté récemment le premier tome d'une série qui m'intéresse particulièrement : « L'épopée de Gilgamesh ». Pourquoi elle m'intéresse particulièrement ? Et bien parce que j'aime beaucoup tout ce qui touche à la mythologie et l'histoire de Gilgamesh, dans le genre, se pose là puisqu'il s'agit de la première légende écrite de l'humanité, rien que ça. L'histoire qui nous est parvenue jusqu'alors [1] date d'environ 3500 ans. Il s'agit d'un long poème épique dont certains pensent qu'à l'origine il devait faire 3000 vers. La version la plus complète est celle en possession de la bibliothèque d'Assurbanipal, qui fait 1600 vers en akkadien répartis sur 12 tablettes.

Hop ! Histoire :

Gilgamesh est roi de la cité d'Uruk[2] en Sumer, région qui avec l'Akkadie constituait la Mésopotamie. Et ce n'est pas un très bon roi. Il faut dire qu'il est considéré comme un dieu parmi les hommes et qu'il est très beau, très fort, très tout[3]. Du coup, il s'emmerde grave et n'arrête pas d'embêter les filles et les fils d'Uruk, notamment en violant les uns comme les autres. Le peuple est exaspéré mais ne peut rien dire, c'est le roi quand même. Les dieux décident de lui envoyer un golem à forme humaine, Enkidu, qui se mesure à lui. Comme il est également très fort, Gilgamesh et lui se battent sans que l'un d'eux puisse l'emporter. À partir de là, Gilgamesh s'assagit et devient un bon roi. Avec Enkidu, il va vivre de grandes aventure et battre pleins de monstres mythologiques sumériens et remporter plein de batailles. Il se fait remarquer par la déesse Ishtar qui désirent le mettre dans son lit divin mais Gilgamesh refuse. Il faut dire que tous les autres amants d'Ishtar ont très mal finis, ce qui est une bonne excuse. Ishtar lui envoie alors le taureau céleste que Enkidu et lui partent aussitôt combattre. Mais pendant le combat, Enkidu meurt et cela attriste beaucoup Gilgamesh qui se rend compte qu'il n'est pas non plus immortel. Il décide alors d'entreprendre un voyage pour découvrir le secret de l'immortalité.

Bon, là, je ne vous ait pas fait le résumé de la BD mais de l'ensemble du mythe. En fait, le Tome 1 de l'épopée s'arrête peu après que Gilgamesh et Enkidu se soient combattus et que Gilgamesh devient un bon roi. Il raconte aussi un peu comment Gilgamesh a récupéré le trône d'Uruk dans les premières pages.

Alors faut-il lire cette BD ? Et bien ça me paraît une bonne idée. Le style est assez grandiose pour rendre hommage au mythe et colle assez bien avec le ton que l'on imagine du héros. Le graphisme est excellent, le scénario en adéquation avec la légende malgré quelques modifications pour étoffer l'intrigue toujours un peu linéaire des mythes. Bref, ça ressemble à de la bonne BD tout ça.

Mais il y a un mais.

En effet, les auteurs ont omis, probablement volontairement l'une des caractéristiques principale du personnage : Sa bisexualité. Plus haut dans le résumé, je vous disais « il s'emmerde grave et n'arrête pas d'embêter les filles et les fils d'Uruk, notamment en violant les uns comme les autres ». Et bien, cela ne transparait pas dans la BD, cela fait parti uniquement du mythe. Pourtant le texte akkadien d'origine ne cache aucunement[4] que le roi ne crachait pas du tout sur les bonhommes. Bien que cela ne paraisse pas, la relation étroite qu'il entretenait avec son ami Enkidu était des plus ambigües. Un passage raconte qu'ayant vaincu un chef ennemi, il invita celui-ci à passer la nuit « sous sa tente » pour parachever la trêve.

Bref, au-delà même des simples goûts personnels du roi, il transparait dans le mythe que l'homosexualité était vécue, à l'époque, aussi naturelle que l'hétérosexualité. Les prudes auteurs/censeurs auraient-ils eut peur pour notre innocente jeunesse ? Que nenni. Parce que si l'homosexualité est passée sous silence, l'hétérosexualité, par contre, va bon train. On passe rarement plus de deux pages sans voir une poitrine féminine dénudée bien comme il faut. Et on a droit à une scène de repos du guerrier où Gilgamesh n'a pas moins de 4 filles dans son lit. C'est pas une tapette le bonhomme, non ?

Cependant, je ne crois pas, personnellement, à l'autocensure motivée uniquement par la « bienséance » de notre époque[5], mais plutôt à un positionnement marketing. Soyons réaliste, dans notre société d'aujourd'hui, l'homosexualité n'est pas considérée comme normale. Elle est mise à part. Que ce soit dans des revues spécialisées, surtout érotiques, passe encore, mais il s'est développé depuis un certain temps un commerce estampillé « gays et lesbiennes ». Dans les magasins Virgin, un rayon vidéo spécial sépare les productions « gays » des sages productions pour gens normaux. Les magasins communiquent sur le droit à la différence pour expliquer cette disparité, néanmoins, on peut se demander si ce genre d'attention n'atteint pas le but inverse de celui recherché, justement en opérant une séparation qui n'a pas forcément lieu d'être. On ne mélange pas les homos avec les autres, n'insiste-t-on pas plutôt sur la différence plutôt que de la rendre « normale » ?

De fait, j'imagine bien qu'une BD où un Gilgamesh s'occuperait autant des gars que des filles de sa bonne cité d'Uruk aurait eut des chances non négligeables de se retrouver estampillé produit « gay »[6], ce qui n'aurait pas été pour lui rendre justice. Peut être aurait-il fallut que les éditeurs aient le courage de présenter l'oeuvre comme étant destinée à tous, mais les éditions Soleil ne nous ont pas habitué à ce genre de prise de risque et préfère aligner des BD pour un public ouvertement jeune et hétérosexuel avec des héroïnes respectant le cahier des charges de la top modèle de haut niveau, quelque soit la série. Et souvent dénudée[7]. Pourtant ça ferait du bien à certains esprits obtus d'aujourd'hui de voir qu'il y a 35 siècle les mecs se tapaient dans l'oignon sans gêne et que cela n'a pas, contrairement à certaines prédictions apocalyptique homophobes, conduit la race humaine à l'extinction pour autant.

Enfin, il est donc bien dommage qu'une telle particularité d'une histoire qui a vécue plus de 3500 ans soit ainsi sacrifiée sur l'autel d'un merchandising stupide, mais la BD garde néanmoins des qualités intrinsèques non négligeables et, si vous êtes capable d'ignorer ce genre d'omissions, vous pourrez quand même l'apprécier.


Pour en savoir plus sur le vrai mythe de Gilgamesh, je vous recommande la lecture du livre Gilgamesh adapté par Léo Scheer d'après pleins d'autres auteurs, aux éditions Léo Scheer, 2006.



[1] Aucune légende ne nous est parvenue complète. Des fragments ont été retrouvés dans tous le moyen orient. On estime aujourd'hui que l'on connait à peu près les 2/3 de toute l'histoire.

[2] Contemporaine de Babylone.

[3] La BD ne le mentionne pas mais il est bien le fils d'une déesse, Ninsun, ce qui explique tout. Cela dit, dans certaines versions, sa mère (comme son père) est humaine et porte parfois des noms légèrement différents comme Nin Sun ou Ninsuna.

[4] Apparemment, à l'époque, ce n'était pas considéré comme une tare.

[5] Mais je ne dis pas que ça n'a pas joué non plus.

[6] En tout cas c'est sûr si les auteurs avaient représentés la sexualité gay comme ils l'ont fait pour l'hétérosexualité.

[7] Par ailleurs, au passage, les éditions Soleil refusent obstinément les BDs en noir et blanc, quelle que soit la qualité de l'oeuvre, prouvant par là leur attachement à un modèle commercial bien rigide et peu fantaisiste voir même peu original.

samedi 9 octobre 2010

Une exoplanète potentiellement habitable a été découverte


La voie lactée

Un article du nouvelobs.com :

Des astronomes américains ont découvert une exoplanète "potentiellement habitable", d'une taille voisine de celle de la Terre et tournant autour d'une étoile assez proche, ce qui pourrait indiquer que de telles planètes sont assez nombreuses.

Annoncée mercredi 29 septembre, cette découverte est le résultat de onze ans d'observations avec les télescopes de l'observatoire Keck à Hawaï située à 4.145 mètres d'altitude.

La planète, baptisée Gliese 581g, se situe à une distance telle de son étoile que la température permet de maintenir l'eau à l'état liquide à sa surface ou près de celle-ci, expliquent les chercheurs dont l'étude paraît dans l'Astrophysical Journal et sur le site arXiv.orp.

A 20 années-lumière de la Terre

Une exoplanète est une planète orbitant autour d'une autre étoile que le soleil.

Si cette découverte est confirmée par d'autres mesures, cette exoplanète serait la plus comparable à la Terre qui ait été détectée jusqu'à présent. Ce serait aussi la première à présenter de solides indications laissant penser qu'elle se situe dans une zone potentiellement habitable.

Son étoile, Gliese 581, se trouve dans notre galaxie, la Voie Lactée, à environ 20 années-lumière de la Terre (une année lumière équivaut à 9.460 milliards de km).

"Notre découverte offre un exemple très convaincant d'une planète potentiellement habitable", explique Steven Vogt, professeur d'astronomie et d'astrophysique à l'Université de Californie à Santa Cruz, un des co-auteurs de ces travaux.

"Le fait que nous ayons pu détecter cette planète aussi rapidement et aussi près de notre système solaire nous montre que de telles exoplanètes doivent être vraiment nombreuses", ajoute-t-il dans un communiqué.

Cette exoplanète a une masse de 3,1 à 4,3 fois celle de la Terre et son rayon serait de 1,2 à 1,5 fois celui de notre planète, précise Paul Buttler, du département de magnétisme terrestre à la Carnegie Institution à Washington, également un des co-auteurs de cette recherche.

Gliese 581g paraît être une planète rocheuse comme la Terre avec une gravité à sa surface quasiment similaire. Elle tourne autour de son étoile, selon une orbite circulaire, en 36,6 jours.

Entre -31 et -12 degrés Celsius

Pour les astronomes, une exoplanète est "potentiellement habitable" quand elle permet l'existence de la vie. Mais cela ne veut pas dire pour autant que les humains y vivraient agréablement.

L'"habitabilité" dépend de nombreux facteurs dont, parmi les plus importants, la présence d'eau à l'état liquide et d'une atmosphère, expliquent ces scientifiques.

Selon leurs estimations, la température à la surface de cette exoplanète qui n'est pas exposée en permanence à son étoile ou à l'obscurité de l'espace, varieraient entre moins 31 et moins 12 degrés Celsius.

Les températures sur la Terre peuvent aussi être extrêmes n'empêchant pas pour autant la vie d'y exister. Elles varient ainsi de -70 degrés Celsius dans l'Antarctique à plus 148 degrés près des bouches hydrothermales au fond de l'océan où se multiplient des bactéries.

Ces astronomes en ont aussi trouvé une seconde exoplanète tournant autour de Gliese 581 mais hors de la zone habitable, portant à six le total des exoplanètes détectées autour de cette étoile.

Il s'agit de l'un des systèmes extra-solaires comptant le plus de planètes trouvés à ce jour.

Le 24 août, des astronomes de l'Observatoire européen austral (ESO), au Chili, avaient annoncé la découverte d'un système d'au moins cinq planètes - peut-être sept - en orbite autour d'une étoile semblable au Soleil.

Jusqu'à présent les astrophysiciens n'ont pas encore trouvé de planète vraiment soeur de la Terre parmi les quelque 422 exoplanètes découvertes depuis la première en 199

lundi 27 septembre 2010

L'open space m'a tuer, l'hypocrisie du nouveau management


Je viens de finir ce livre : L'open space m'a tuer. Et je vous le conseille chaudement.

Alors il ne s'agit pas d'un roman, ni vraiment d'un documentaire mais plutôt d'un ensemble d'anecdotes sur le travail des cadres depuis l'arrivée du néo-management. Pour faire simple, avant, il y avait le chef, les cadres et les employés. Le chef décidait, avec ou sans les conseils des cadres, puis les cadres « encadraient » les employés pour que le boulot soit fait. Un peu abrupte comme méthode, pas très sympathique, voir carrément hermétique et même hostile.

Puis est arrivé pire : Le néo-management. Là c'est très simple, tout le monde est cadre. Pour rappeler la maxime du film d'animation Les Indestructibles : « Si tout le monde est exceptionnel, alors personne ne l'est ». Ben là donc c'est pareille, mais avec les cadres. Les cadres ont perdus leur fonction première : encadrer.

Au premier abord comme ça, on pourrait croire qu'un esprit ultra communiste s'est emparé du métier. Tout le monde est pareil sur un pied d'égalité[1]. Or évidemment, il n'en est rien. Il y a les cadres du bas de l'échelle et les cadres mieux placés, les chefs et petits chefs mais qui n'aiment pas trop qu'on les appelle comme ça. Ben oui, ça risquerait de rayer la belle image conviviale voulue par le néo-management. Alors on les appelle... pas, ou presque, on leur donne un nom abstrait selon le rang qu'ils occupent par rapport à nous. Ainsi un « chef » n+1 est quelqu'un qui est juste au dessus de nous. Un n+2 est un cran encore au-dessus c'est celui qui donne les ordres... pardon, qui discute avec enthousiasme et sans forcer la main avec le n+1.

Car bon, la grande supercherie de ce nouveau système c'est de faire croire que l'on travaille dans un monde parfait, que l'on est content, heureux, épanoui de rentrer des chiffres dans un ordinateur toute la journée. L'éclate totale.

Ce que veulent montrer les auteurs du livre, Alexandre Des Isnards et Thomas Zuber, c'est le revers de la médaille que tout le monde, même les employés, tentent de cacher. Ils ont ainsi réunis des dizaines d'anecdotes de collègues cadres qui dévoilent la réalité bien sale derrière un cache misère flamboyant. Horaire en pagaille, travail de nuit et/ou le week end, vie de famille inexistante ou au second plan, pression constante, stress, espionnage entre collègues, ragots, addiction au blackberry, utilisation de stagiaires « professionnels »[2]... Tout y passe.

Et l'on découvre bien vite qu'en fait de paradis, le travail des cadres est actuellement un enfer mis sous pression par le diktat de la bonne humeur constante, la fameuse positive attitude qui enferme les salariés dans une béatitude et un optimisme forcé, sous peine d'être réprimandé et/ou mis au ban de l'équipe. Le même message, souvenez-vous, a été utilisé par notre ancien premier ministre, Jean Pierre Raffarin, clown devant l'éternel. C'est la merde mais ferme-la et souris.

On apprend plein de choses dans ce livre, comment les managers[3] imposent une décision sans en avoir l'air, comment ils mettent la pression sur les cadres inférieurs pour que le travail soit fait dans des temps de plus en plus serrés[4], comment l'open space, ces bureaux sans murs sensés contribuer à un travail fraternel, créent en fait un sentiment de malaise et de suspicion,... Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le néo-management. Sutout ce qu'on ne veut pas que vous entendiez.

Voilà donc tout ça pour vous dire que je vous conseille vivement la lecture de ce petit ouvrage qui, je vous rassure, n'est pas du tout ennuyeux. Les anecdotes font entre 2 et 6 pages environs, ainsi la lecture est rapide et agréable. C'est plutôt bien raconté, parfois drôle, souvent édifiant voir médusant. En tout cas une chose est sûre, dans notre société actuelle, c'est une lecture nécessaire.


Extrait :

« Accessible (tutoiement), ouvert (open space), le nouveau management joue sur un registre plus intime, plus participatif. De l'extérieur, ça donne envie. De l'intérieur, on se rend compte que rien n'a changé : sur fond d'imposture, d'attaques personnelles, de « toxicité émotionnelle » (comme disent les « behaviouristes » américains), et de dictature du bonheur, Les rapports sont violents et les hiérarchies bien présentes. »


Vous pouvez également allez voir le site des auteurs : http://www.lopenspacematuer.com/


Un bureau « open space » typique


[1] Oui, le communisme « théorique », évidemment.

[2] Des stagiaires qui ont déjà fait plusieurs stages mais dont on ne va pas leur offrir un CDI, quand même.

[3] Nouvelle dénomination pour les cadres qui font vraiment le boulot de cadres à savoir encadrer. Vous suivez ?

[4] Comme ça ne se fait pas de donner des ordres entre potes, on stresse celui d'en dessous jusqu'à ce qu'il en ait marre et fasse le boulot et mettent entre parenthèse toutes ses autres tâches non moins importantes.

mercredi 28 juillet 2010

Artiste peintre

Je vous ai déjà dis que je connaissais quelque dessineux ? Vous devez vous en souvenir non ? M'enfin... Aya ! ... Et Koulou [1] ! Ben alors... ?
Enfin bref, si je mets un article aujourd'hui c'est pour vous parlez d'une sorte de dessineuse mais qui serait pas non plus tout à fait une dessineuse comme les autres. "Artiste peintre" qu'on pourrait l'appeler. Un peu à la Hassen Touati (mais si, souvenez-vous) mais dans un autre registre. Son nom ? Alexandra Nave. Et comme de par hasard, c'est aussi le nom de son site : http://www.alexandranave.com/
J'ai rencontré Alexandra alors que nous travaillions tous les deux pour un grand magasin qui vend des livres, des CDs, des DVDs et tout plein de matos pour les artistes portés sur le graphisme. C'est une fille super gentille, super sympa et qui sourit tout le temps. Même quand elle ne renseignait pas un client, c'est dire.
Bref, il me semblait bien que j'avais entendu dire qu'elle peignait un peu. Puis j'ai découvert son site et là... ben elle ne peint pas qu'un peu. Bon vous allez me dire "Ouais mais t'es autant critique d'art que moi vendeur de frigo au Groënland". Bon, déjà, je vous emmerde, je passe mon temps à critiquer pleins de trucs, pourquoi pas de l'art en plus, ça mange pas de pain. Puis ensuite, l'art est sensé parler à tout le monde, pas que à ceux qui savent le décrypter. Et enfin, pour vous faire un avis, allez voir le site. Je vous en met même un petit bout juste en dessous.
Et puis vendeur de frigo au Groënland c'est une bonne place, d'abord. Quand le produit tombe en panne, le client s'en aperçoit même pas.


[1] Dont les merveilleux albums de la série Titus sont toujours disponibles chez son éditeur Grr...art.