mardi 6 mai 2008

Darklord en Belgique 2


Chapitre 2 : La chambre entre deux étages


Je sais que le titre ressemble à celui d'un livre à suspens, voir un truc fantastique. Vous allez voir que ce n'est pas si loin de la réalité dans les deux cas.


Arrivée à Bruxelles Midi à 17 H 24. Je descends du train sans avoir eu de nouvelles de ma chère cousine. Après une rapide consultation des horaires, je vois qu'un train repart vers le Luxembourg à 18 H 33 et que ce sera le seul qui me permette d'attraper la dernière correspondance pour Thionville vers 22 H 30. Donc pas question de le rater.


Je sors de la gare pour me retrouver face au pic du midi, immeuble qui abrite l'Office National des Pensions. J'essaie de téléphoner à nouveau. Je craignais la réaction de mon portable en Belgique et je ne fus pas déçus sur ce point. Malgré les messages envoyés par Orange à la frontière qui me disait que je pouvais quand même téléphoner en étant outrageusement surtaxé, pas moyen de joindre qui que ce soit. La sonnerie ne s'arrête qu'au bout de quelques minutes et je tombe sur une voie automatique en flamand. Après deux essais infructueux pour joindre ma cousine et un autre pour essayer de joindre mes parents en France pour leur dire que tout va bien, je commence à comprendre qu'il y a de fortes chances que je reparte de Bruxelles à 18 H 33.


Mais que faire en attendant ? Soyons logiques, je suis à Bruxelles, je vais donc me prendre une bière. A l'intérieur de la gare du midi se trouve pleins de petites boutiques, de points de restauration, et évidemment, de bars. J'en trouve un à mon goût, m'installe au comptoir et commande une bière. Y'a pas à dire, après 3 H de train, ça fait du bien. Mais entre les coups de fils et les déambulations dans la gare, l'heure a filé rapidement. Je m'arrête juste acheter une boite de chocolats belges histoire de dire que je ne suis pas monté à Bruxelles pour rien et je fonce vers le quai.


C'est là que ma mauvaise habitude de fils de cheminot reprend le dessus. Grâce à ma carte de la SNCF, je suis habitué à ne pas trop m'inquiéter du pourquoi et du comment (et surtout du combien) quand je prends le train. C'est donc au bas des escaliers qui mènent sur le quai que je me rends compte que je n'ai pas de billets de retour. Et il reste 5 minutes avant le départ. Je fonce aux guichets mais là il y a du monde. Bref, malgré mes efforts, je rate le train à ne pas rater.


Bref me voilà à Bruxelles, sans retour possible. Profiter d'un petit week-end tranquille en Belgique n'aurait pas été pour me déplaire de prime abord si seulement mon compte en banque avait été un peu plus fourni à la base. Car on a eu des problèmes de retard dans le versement du salaire ce mois-ci et ce vendredi matin, j'avais à peine comblé un découvert de 230 euros de mon compte courant grâce à mon livret et prévu une petite marge pour mes dépenses en Belgique, en plus des 40 euros que j'avais retiré avant de partir. Bref, je ne pouvais pas assumer le week-end entier. Je me suis donc dit que pour une nuit, ça devrait quand même passé et je me mis en quête d'un hôtel pour la nuit.


Dans le quartier de la gare de Bruxelles Midi, les hôtels sont faciles à trouver. Par contre leurs prix sont à la limite de la décence. Le premier que j'essaie propose une chambre individuelle pour une nuit à 80 euros (en fait c'est le prix d'un week-end mais, même si je ne restais qu'une nuit, ça revenait au même), plus 13 euros pour les petits déjeuners. Je me renseigne quand même et l'on m'annonce que de toute façon c'est complet. Deuxième tentative, dans un hôtel d'aspect bien moins luxueux. 85 euros la nuit avec douches et toilettes communs. De plus, avant de trouver les tarifs par moi-même, je reste bien un quart d'heure au comptoir avant de décider de partir puisque personne ne s'occupe de moi, le réceptionniste étant parti montrer leurs chambres à un groupe apparemment anglais et sa femme, qui a pourtant servit la cliente avant moi, qui discute avec une femme (apparemment pas une cliente pourtant) comme si je faisais parti des meubles.


Deux ou trois autres hôtels qui ont la bonne idée d'afficher leurs tarifs à l'extérieur m'apprennent que je ne ferai pas plus d'économies chez eux. Je finis par entrer dans un hôtel trois étoiles, en m'attendant presque à me faire jeter. Il faut dire qu'après une demi journée de voyage et ma quête d'un hôtel en plein soleil avec armes et bagages, je n'avais pas forcément la tête du lieu. On m'apprend pourtant qu'il ne reste plus qu'une chambre, avec douche et toilettes perso ainsi que petit déjeuner compris, pour 90 euros. En ayant assez, j'abdique et je prends la chambre. Pour 10 euros de différence au mieux, autant prendre celle-la. Le réceptionniste m'informe néanmoins que cette chambre est particulière, un peu petite puisqu'en fait il s'agit d'un ancien bureau réaménagé en chambre et qui se trouve sur le palier des escaliers entre le premier et le second étage. « C'est très tranquille » m'assure-t-il néanmoins, ce qui prouve, vous le verrez, que lui-même n'a jamais testé cette chambre. Je lui donne donc, à contre coeur, ma carte bancaire et fait mon numéro secret la mort dans l'âme.


La chambre est certes petite mais me semble néanmoins agréable. Le coin salle de bain est très propre. Je dépose mes sacs, l'un contenant mes affaire et le second mon ordinateur portable. J'essaie de m'habituer à l'environnement et j'essaie, entre autre, les interrupteurs. Je me rends compte que je n'ai aucune lumière qui fonctionne. Je descend donc voir le réceptionniste pour lui signaler le problème. Celui-ci me réponds d'un air nonchalant : « Oui mais c'est normal monsieur. Vous devez avoir une fente près de votre porte ou près des sanitaires dans laquelle vous devez mettre votre carte de crédit pour avoir de l'électricité ». Je suis indigné. 90 euros la nuit et pas d'électricité. Mais comme je ne suis pas très au courant des manières des hôtels, je me dis que peut être cela est une pratique normale. Je retourne donc dans ma chambre pour me préparer à sortir un peu, ne serait-ce que pour trouver un restaurant.


Je fais le tour du quartier mais celui de la gare du midi n'est pas franchement un coin à touristes. Ni un quartier de gens aisés apparemment. Bref, ce n'est pas un quartier très agréable à parcourir et je préfère écourter ma balade et me trouver un resto. J'en trouve un pas très loin de l'hôtel, qui m'a l'air bien et qui l'étais en effet.


Après un bref repas un peu arrosé (tant qu'à faire) je remonte dans ma petite chambre entre deux étages, je lis un peu à la lumière d'une lampe torche que, du coup, je ne regrette pas d'avoir emmenée et je tombe dans les bras de Morphée.


Enfin j'essaie. Parce que figurez-vous que les sirènes des ambulances à Bruxelles ont quasiment le même bruit que les sirènes de police dans les films américain. Du coup, toute la nuit, je me suis cru à Chicago ou à New York. Et je n'oublierai pas non plus ce brave type consciencieux qui, pour ne pas déranger ses voisins, est allé téléphoner dans la cage d'escalier où il n'y a pas de chambres à proximité... sauf la mienne. Dans les 3 H du matin, je sens la vraie fatigue me gagner enfin, lorsque mon téléphone sonne pour m'avertir d'un message et me réveiller tout à fait.

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