samedi 12 février 2011

La tortue et la Démocratie

La situation en Egypte et en Tunisie m'a inspiré un petit texte sur la Démocratie, son cheminement et sa pérennité. Avec en plus des tortues. Je vous laisse apprécier :


« Je crois que l'on peut comparer la naissance d'une Démocratie à celle d'une tortue.

D'abord, elle peine pour sortir lentement du sable sous laquelle on l'a enfuit. La petite tortue doit ensuite parcourir la plage pour rejoindre l'océan et son horizon interminable. Mais elle n'y est pas habituée et patine dans les grains chaud du bord de mer, cherchant à comprendre comment avancer.

Et lorsqu'elle arrive à peu près à cheminer correctement, elle se rend compte que nombre de prédateurs l'attendent au détour d'une dune, d'un trou ou d'un quelconque recoin. La petite tortue ne peut pas compter sur sa vitesse ou sur sa force, pas même sur sa jeune carapace qui ne la protégera pas bien longtemps des coups de ses farouches ennemis.

Elle n'a qu'une seule chose, sa détermination toute concentrée sur le bruit des vagues qui lui font face, son objectif de liberté.

D'autres avec elle tenteront leur chance. Mais le hasard peut faire basculer le destin de n'importe laquelle à sa perte. La petite tortue n'a qu'une idée, avancer, encore et encore, envers et contre tout. Son seul salut est l'eau tumultueuse. Elle ne détourne pas son regard de l'horizon bleu. Déterminée.

Et enfin, la petite tortue parvient sur le ressac. Une vague la submerge alors et elle se laisse emporter par la joie de la victoire. Ici, elle se mouve avec aisance et rapidité. C'est bien son élément, celui pour lequel elle a été faite. Mais soudain, d'autres ombres se profilent. Et la petite tortue s'aperçoit que d'autres prédateurs, bien plus dangereux, nagent dans les eaux troubles. Elle comprend alors que pour grandir et atteindre un âge mûr, elle devra être vigilante, constamment et sans faillir. »

dimanche 6 février 2011

Denis Robert blanchi

Denis Robert avec Guy Bedos


Un article du nouvelobs.com :


La cour d'appel de Paris avait condamné le journaliste pour diffamation le 16 octobre 2008, notamment pour un documentaire diffusé sur Canal+ en mars 2001, ainsi que pour deux de ses ouvrages.


La Cour de cassation a annulé jeudi 3 février une condamnation en appel du journaliste Denis Robert, poursuivi par la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream qu'il accusait d'avoir blanchi de l'argent sale. La cour d'appel de Paris avait condamné Denis Robert pour diffamation le 16 octobre 2008, notamment pour un documentaire diffusé sur Canal+ en mars 2001, intitulé "Les dissimulateurs", ainsi que pour deux de ses ouvrages, "Révélation$" et "La Boîte noire".


L'ancien journaliste de Libération avait été condamné en appel à payer un total de 4.500 euros de dommages et intérêts ainsi que plusieurs milliers d'euros de frais de justice. Clearstream avait par la suite proposé un arrangement à Denis Robert, que celui-ci avait refusé. Il avait alors formé un pourvoi en cassation.

"C'est la fin de dix ans de combat judiciaire"

Dans un arrêt rendu jeudi, la 1ère chambre civile de la Cour de cassation a cassé la décision de la cour d'appel de Paris, en relevant "l’intérêt général du sujet traité et le sérieux constaté de l’enquête". "C'est la fin de dix ans de combat judiciaire, je suis soulagé", a déclaré à l'AFP Denis Robert. "C'est une décision qui va faire jurisprudence car la Cour a reconnu qu'un journaliste pouvait commettre de petites erreurs s'il est comme moi de bonne foi et s'il couvre un sujet d'intérêt général en menant un travail difficile dans le milieu opaque de la finance", a-t-il commenté.

Denis Robert compte désormais demander réparation à la chambre de compensation, ainsi que des publications dans des journaux. "Et les livres, qui étaient jusqu'ici interdits, vont pouvoir ressortir", s'est-il réjoui. Le tribunal correctionnel de Paris avait jugé Denis Robert au procès Clearstream, aux côtés notamment de Dominique de Villepin, et l'avait relaxé en janvier 2010, estimant que les poursuites contre le journaliste étaient incompatibles avec la Convention européenne des Droits de l'Homme (CEDH) garantissant la liberté d'expression.

(Nouvelobs.com)

mercredi 20 octobre 2010

L'épopée de Gilgamesh



Pour tromper l'ennui entre deux coups d'oeil à des annonces inadaptées d'offre d'emploi, il m'arrive d'aller acheter quelques petits trucs, comme des Bds. J'ai acheté récemment le premier tome d'une série qui m'intéresse particulièrement : « L'épopée de Gilgamesh ». Pourquoi elle m'intéresse particulièrement ? Et bien parce que j'aime beaucoup tout ce qui touche à la mythologie et l'histoire de Gilgamesh, dans le genre, se pose là puisqu'il s'agit de la première légende écrite de l'humanité, rien que ça. L'histoire qui nous est parvenue jusqu'alors [1] date d'environ 3500 ans. Il s'agit d'un long poème épique dont certains pensent qu'à l'origine il devait faire 3000 vers. La version la plus complète est celle en possession de la bibliothèque d'Assurbanipal, qui fait 1600 vers en akkadien répartis sur 12 tablettes.

Hop ! Histoire :

Gilgamesh est roi de la cité d'Uruk[2] en Sumer, région qui avec l'Akkadie constituait la Mésopotamie. Et ce n'est pas un très bon roi. Il faut dire qu'il est considéré comme un dieu parmi les hommes et qu'il est très beau, très fort, très tout[3]. Du coup, il s'emmerde grave et n'arrête pas d'embêter les filles et les fils d'Uruk, notamment en violant les uns comme les autres. Le peuple est exaspéré mais ne peut rien dire, c'est le roi quand même. Les dieux décident de lui envoyer un golem à forme humaine, Enkidu, qui se mesure à lui. Comme il est également très fort, Gilgamesh et lui se battent sans que l'un d'eux puisse l'emporter. À partir de là, Gilgamesh s'assagit et devient un bon roi. Avec Enkidu, il va vivre de grandes aventure et battre pleins de monstres mythologiques sumériens et remporter plein de batailles. Il se fait remarquer par la déesse Ishtar qui désirent le mettre dans son lit divin mais Gilgamesh refuse. Il faut dire que tous les autres amants d'Ishtar ont très mal finis, ce qui est une bonne excuse. Ishtar lui envoie alors le taureau céleste que Enkidu et lui partent aussitôt combattre. Mais pendant le combat, Enkidu meurt et cela attriste beaucoup Gilgamesh qui se rend compte qu'il n'est pas non plus immortel. Il décide alors d'entreprendre un voyage pour découvrir le secret de l'immortalité.

Bon, là, je ne vous ait pas fait le résumé de la BD mais de l'ensemble du mythe. En fait, le Tome 1 de l'épopée s'arrête peu après que Gilgamesh et Enkidu se soient combattus et que Gilgamesh devient un bon roi. Il raconte aussi un peu comment Gilgamesh a récupéré le trône d'Uruk dans les premières pages.

Alors faut-il lire cette BD ? Et bien ça me paraît une bonne idée. Le style est assez grandiose pour rendre hommage au mythe et colle assez bien avec le ton que l'on imagine du héros. Le graphisme est excellent, le scénario en adéquation avec la légende malgré quelques modifications pour étoffer l'intrigue toujours un peu linéaire des mythes. Bref, ça ressemble à de la bonne BD tout ça.

Mais il y a un mais.

En effet, les auteurs ont omis, probablement volontairement l'une des caractéristiques principale du personnage : Sa bisexualité. Plus haut dans le résumé, je vous disais « il s'emmerde grave et n'arrête pas d'embêter les filles et les fils d'Uruk, notamment en violant les uns comme les autres ». Et bien, cela ne transparait pas dans la BD, cela fait parti uniquement du mythe. Pourtant le texte akkadien d'origine ne cache aucunement[4] que le roi ne crachait pas du tout sur les bonhommes. Bien que cela ne paraisse pas, la relation étroite qu'il entretenait avec son ami Enkidu était des plus ambigües. Un passage raconte qu'ayant vaincu un chef ennemi, il invita celui-ci à passer la nuit « sous sa tente » pour parachever la trêve.

Bref, au-delà même des simples goûts personnels du roi, il transparait dans le mythe que l'homosexualité était vécue, à l'époque, aussi naturelle que l'hétérosexualité. Les prudes auteurs/censeurs auraient-ils eut peur pour notre innocente jeunesse ? Que nenni. Parce que si l'homosexualité est passée sous silence, l'hétérosexualité, par contre, va bon train. On passe rarement plus de deux pages sans voir une poitrine féminine dénudée bien comme il faut. Et on a droit à une scène de repos du guerrier où Gilgamesh n'a pas moins de 4 filles dans son lit. C'est pas une tapette le bonhomme, non ?

Cependant, je ne crois pas, personnellement, à l'autocensure motivée uniquement par la « bienséance » de notre époque[5], mais plutôt à un positionnement marketing. Soyons réaliste, dans notre société d'aujourd'hui, l'homosexualité n'est pas considérée comme normale. Elle est mise à part. Que ce soit dans des revues spécialisées, surtout érotiques, passe encore, mais il s'est développé depuis un certain temps un commerce estampillé « gays et lesbiennes ». Dans les magasins Virgin, un rayon vidéo spécial sépare les productions « gays » des sages productions pour gens normaux. Les magasins communiquent sur le droit à la différence pour expliquer cette disparité, néanmoins, on peut se demander si ce genre d'attention n'atteint pas le but inverse de celui recherché, justement en opérant une séparation qui n'a pas forcément lieu d'être. On ne mélange pas les homos avec les autres, n'insiste-t-on pas plutôt sur la différence plutôt que de la rendre « normale » ?

De fait, j'imagine bien qu'une BD où un Gilgamesh s'occuperait autant des gars que des filles de sa bonne cité d'Uruk aurait eut des chances non négligeables de se retrouver estampillé produit « gay »[6], ce qui n'aurait pas été pour lui rendre justice. Peut être aurait-il fallut que les éditeurs aient le courage de présenter l'oeuvre comme étant destinée à tous, mais les éditions Soleil ne nous ont pas habitué à ce genre de prise de risque et préfère aligner des BD pour un public ouvertement jeune et hétérosexuel avec des héroïnes respectant le cahier des charges de la top modèle de haut niveau, quelque soit la série. Et souvent dénudée[7]. Pourtant ça ferait du bien à certains esprits obtus d'aujourd'hui de voir qu'il y a 35 siècle les mecs se tapaient dans l'oignon sans gêne et que cela n'a pas, contrairement à certaines prédictions apocalyptique homophobes, conduit la race humaine à l'extinction pour autant.

Enfin, il est donc bien dommage qu'une telle particularité d'une histoire qui a vécue plus de 3500 ans soit ainsi sacrifiée sur l'autel d'un merchandising stupide, mais la BD garde néanmoins des qualités intrinsèques non négligeables et, si vous êtes capable d'ignorer ce genre d'omissions, vous pourrez quand même l'apprécier.


Pour en savoir plus sur le vrai mythe de Gilgamesh, je vous recommande la lecture du livre Gilgamesh adapté par Léo Scheer d'après pleins d'autres auteurs, aux éditions Léo Scheer, 2006.



[1] Aucune légende ne nous est parvenue complète. Des fragments ont été retrouvés dans tous le moyen orient. On estime aujourd'hui que l'on connait à peu près les 2/3 de toute l'histoire.

[2] Contemporaine de Babylone.

[3] La BD ne le mentionne pas mais il est bien le fils d'une déesse, Ninsun, ce qui explique tout. Cela dit, dans certaines versions, sa mère (comme son père) est humaine et porte parfois des noms légèrement différents comme Nin Sun ou Ninsuna.

[4] Apparemment, à l'époque, ce n'était pas considéré comme une tare.

[5] Mais je ne dis pas que ça n'a pas joué non plus.

[6] En tout cas c'est sûr si les auteurs avaient représentés la sexualité gay comme ils l'ont fait pour l'hétérosexualité.

[7] Par ailleurs, au passage, les éditions Soleil refusent obstinément les BDs en noir et blanc, quelle que soit la qualité de l'oeuvre, prouvant par là leur attachement à un modèle commercial bien rigide et peu fantaisiste voir même peu original.

samedi 9 octobre 2010

Une exoplanète potentiellement habitable a été découverte


La voie lactée

Un article du nouvelobs.com :

Des astronomes américains ont découvert une exoplanète "potentiellement habitable", d'une taille voisine de celle de la Terre et tournant autour d'une étoile assez proche, ce qui pourrait indiquer que de telles planètes sont assez nombreuses.

Annoncée mercredi 29 septembre, cette découverte est le résultat de onze ans d'observations avec les télescopes de l'observatoire Keck à Hawaï située à 4.145 mètres d'altitude.

La planète, baptisée Gliese 581g, se situe à une distance telle de son étoile que la température permet de maintenir l'eau à l'état liquide à sa surface ou près de celle-ci, expliquent les chercheurs dont l'étude paraît dans l'Astrophysical Journal et sur le site arXiv.orp.

A 20 années-lumière de la Terre

Une exoplanète est une planète orbitant autour d'une autre étoile que le soleil.

Si cette découverte est confirmée par d'autres mesures, cette exoplanète serait la plus comparable à la Terre qui ait été détectée jusqu'à présent. Ce serait aussi la première à présenter de solides indications laissant penser qu'elle se situe dans une zone potentiellement habitable.

Son étoile, Gliese 581, se trouve dans notre galaxie, la Voie Lactée, à environ 20 années-lumière de la Terre (une année lumière équivaut à 9.460 milliards de km).

"Notre découverte offre un exemple très convaincant d'une planète potentiellement habitable", explique Steven Vogt, professeur d'astronomie et d'astrophysique à l'Université de Californie à Santa Cruz, un des co-auteurs de ces travaux.

"Le fait que nous ayons pu détecter cette planète aussi rapidement et aussi près de notre système solaire nous montre que de telles exoplanètes doivent être vraiment nombreuses", ajoute-t-il dans un communiqué.

Cette exoplanète a une masse de 3,1 à 4,3 fois celle de la Terre et son rayon serait de 1,2 à 1,5 fois celui de notre planète, précise Paul Buttler, du département de magnétisme terrestre à la Carnegie Institution à Washington, également un des co-auteurs de cette recherche.

Gliese 581g paraît être une planète rocheuse comme la Terre avec une gravité à sa surface quasiment similaire. Elle tourne autour de son étoile, selon une orbite circulaire, en 36,6 jours.

Entre -31 et -12 degrés Celsius

Pour les astronomes, une exoplanète est "potentiellement habitable" quand elle permet l'existence de la vie. Mais cela ne veut pas dire pour autant que les humains y vivraient agréablement.

L'"habitabilité" dépend de nombreux facteurs dont, parmi les plus importants, la présence d'eau à l'état liquide et d'une atmosphère, expliquent ces scientifiques.

Selon leurs estimations, la température à la surface de cette exoplanète qui n'est pas exposée en permanence à son étoile ou à l'obscurité de l'espace, varieraient entre moins 31 et moins 12 degrés Celsius.

Les températures sur la Terre peuvent aussi être extrêmes n'empêchant pas pour autant la vie d'y exister. Elles varient ainsi de -70 degrés Celsius dans l'Antarctique à plus 148 degrés près des bouches hydrothermales au fond de l'océan où se multiplient des bactéries.

Ces astronomes en ont aussi trouvé une seconde exoplanète tournant autour de Gliese 581 mais hors de la zone habitable, portant à six le total des exoplanètes détectées autour de cette étoile.

Il s'agit de l'un des systèmes extra-solaires comptant le plus de planètes trouvés à ce jour.

Le 24 août, des astronomes de l'Observatoire européen austral (ESO), au Chili, avaient annoncé la découverte d'un système d'au moins cinq planètes - peut-être sept - en orbite autour d'une étoile semblable au Soleil.

Jusqu'à présent les astrophysiciens n'ont pas encore trouvé de planète vraiment soeur de la Terre parmi les quelque 422 exoplanètes découvertes depuis la première en 199

lundi 27 septembre 2010

L'open space m'a tuer, l'hypocrisie du nouveau management


Je viens de finir ce livre : L'open space m'a tuer. Et je vous le conseille chaudement.

Alors il ne s'agit pas d'un roman, ni vraiment d'un documentaire mais plutôt d'un ensemble d'anecdotes sur le travail des cadres depuis l'arrivée du néo-management. Pour faire simple, avant, il y avait le chef, les cadres et les employés. Le chef décidait, avec ou sans les conseils des cadres, puis les cadres « encadraient » les employés pour que le boulot soit fait. Un peu abrupte comme méthode, pas très sympathique, voir carrément hermétique et même hostile.

Puis est arrivé pire : Le néo-management. Là c'est très simple, tout le monde est cadre. Pour rappeler la maxime du film d'animation Les Indestructibles : « Si tout le monde est exceptionnel, alors personne ne l'est ». Ben là donc c'est pareille, mais avec les cadres. Les cadres ont perdus leur fonction première : encadrer.

Au premier abord comme ça, on pourrait croire qu'un esprit ultra communiste s'est emparé du métier. Tout le monde est pareil sur un pied d'égalité[1]. Or évidemment, il n'en est rien. Il y a les cadres du bas de l'échelle et les cadres mieux placés, les chefs et petits chefs mais qui n'aiment pas trop qu'on les appelle comme ça. Ben oui, ça risquerait de rayer la belle image conviviale voulue par le néo-management. Alors on les appelle... pas, ou presque, on leur donne un nom abstrait selon le rang qu'ils occupent par rapport à nous. Ainsi un « chef » n+1 est quelqu'un qui est juste au dessus de nous. Un n+2 est un cran encore au-dessus c'est celui qui donne les ordres... pardon, qui discute avec enthousiasme et sans forcer la main avec le n+1.

Car bon, la grande supercherie de ce nouveau système c'est de faire croire que l'on travaille dans un monde parfait, que l'on est content, heureux, épanoui de rentrer des chiffres dans un ordinateur toute la journée. L'éclate totale.

Ce que veulent montrer les auteurs du livre, Alexandre Des Isnards et Thomas Zuber, c'est le revers de la médaille que tout le monde, même les employés, tentent de cacher. Ils ont ainsi réunis des dizaines d'anecdotes de collègues cadres qui dévoilent la réalité bien sale derrière un cache misère flamboyant. Horaire en pagaille, travail de nuit et/ou le week end, vie de famille inexistante ou au second plan, pression constante, stress, espionnage entre collègues, ragots, addiction au blackberry, utilisation de stagiaires « professionnels »[2]... Tout y passe.

Et l'on découvre bien vite qu'en fait de paradis, le travail des cadres est actuellement un enfer mis sous pression par le diktat de la bonne humeur constante, la fameuse positive attitude qui enferme les salariés dans une béatitude et un optimisme forcé, sous peine d'être réprimandé et/ou mis au ban de l'équipe. Le même message, souvenez-vous, a été utilisé par notre ancien premier ministre, Jean Pierre Raffarin, clown devant l'éternel. C'est la merde mais ferme-la et souris.

On apprend plein de choses dans ce livre, comment les managers[3] imposent une décision sans en avoir l'air, comment ils mettent la pression sur les cadres inférieurs pour que le travail soit fait dans des temps de plus en plus serrés[4], comment l'open space, ces bureaux sans murs sensés contribuer à un travail fraternel, créent en fait un sentiment de malaise et de suspicion,... Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le néo-management. Sutout ce qu'on ne veut pas que vous entendiez.

Voilà donc tout ça pour vous dire que je vous conseille vivement la lecture de ce petit ouvrage qui, je vous rassure, n'est pas du tout ennuyeux. Les anecdotes font entre 2 et 6 pages environs, ainsi la lecture est rapide et agréable. C'est plutôt bien raconté, parfois drôle, souvent édifiant voir médusant. En tout cas une chose est sûre, dans notre société actuelle, c'est une lecture nécessaire.


Extrait :

« Accessible (tutoiement), ouvert (open space), le nouveau management joue sur un registre plus intime, plus participatif. De l'extérieur, ça donne envie. De l'intérieur, on se rend compte que rien n'a changé : sur fond d'imposture, d'attaques personnelles, de « toxicité émotionnelle » (comme disent les « behaviouristes » américains), et de dictature du bonheur, Les rapports sont violents et les hiérarchies bien présentes. »


Vous pouvez également allez voir le site des auteurs : http://www.lopenspacematuer.com/


Un bureau « open space » typique


[1] Oui, le communisme « théorique », évidemment.

[2] Des stagiaires qui ont déjà fait plusieurs stages mais dont on ne va pas leur offrir un CDI, quand même.

[3] Nouvelle dénomination pour les cadres qui font vraiment le boulot de cadres à savoir encadrer. Vous suivez ?

[4] Comme ça ne se fait pas de donner des ordres entre potes, on stresse celui d'en dessous jusqu'à ce qu'il en ait marre et fasse le boulot et mettent entre parenthèse toutes ses autres tâches non moins importantes.

mercredi 28 juillet 2010

Artiste peintre

Je vous ai déjà dis que je connaissais quelque dessineux ? Vous devez vous en souvenir non ? M'enfin... Aya ! ... Et Koulou [1] ! Ben alors... ?
Enfin bref, si je mets un article aujourd'hui c'est pour vous parlez d'une sorte de dessineuse mais qui serait pas non plus tout à fait une dessineuse comme les autres. "Artiste peintre" qu'on pourrait l'appeler. Un peu à la Hassen Touati (mais si, souvenez-vous) mais dans un autre registre. Son nom ? Alexandra Nave. Et comme de par hasard, c'est aussi le nom de son site : http://www.alexandranave.com/
J'ai rencontré Alexandra alors que nous travaillions tous les deux pour un grand magasin qui vend des livres, des CDs, des DVDs et tout plein de matos pour les artistes portés sur le graphisme. C'est une fille super gentille, super sympa et qui sourit tout le temps. Même quand elle ne renseignait pas un client, c'est dire.
Bref, il me semblait bien que j'avais entendu dire qu'elle peignait un peu. Puis j'ai découvert son site et là... ben elle ne peint pas qu'un peu. Bon vous allez me dire "Ouais mais t'es autant critique d'art que moi vendeur de frigo au Groënland". Bon, déjà, je vous emmerde, je passe mon temps à critiquer pleins de trucs, pourquoi pas de l'art en plus, ça mange pas de pain. Puis ensuite, l'art est sensé parler à tout le monde, pas que à ceux qui savent le décrypter. Et enfin, pour vous faire un avis, allez voir le site. Je vous en met même un petit bout juste en dessous.
Et puis vendeur de frigo au Groënland c'est une bonne place, d'abord. Quand le produit tombe en panne, le client s'en aperçoit même pas.


[1] Dont les merveilleux albums de la série Titus sont toujours disponibles chez son éditeur Grr...art.

jeudi 22 juillet 2010

Un nouveau cercle découvert à Stonehenge

Un article de sciencesetavenir.fr :

Reconstitution du 'henge' de bois d'après les trous découverts par les archéologues. (Professional Images)


Une nouvelle campagne de prospection archéologique a révélé la présence d’un complexe circulaire à moins d’un kilomètre des célèbres mégalithes de Stonehenge.


L’archéologie virtuelle, qui remplace pelles, truelles et brosses par différentes techniques d’étude et d’imagerie du sol, a permis de découvrir un nouveau cercle non loin des célèbres pierres levées de Stonehenge, en Grande-Bretagne.

A environ 900 mètres de ce cercle de pierres datant du Néolithique –appelé henge en anglais- une équipe dirigée par Vince Gaffney de l’Université de Birmingham a mis en évidence une vingtaine de trous creusés dans la terre, formant un cercle, lui-même entouré de deux fossés. Ces trous, jusqu’à un mètre de diamètre, auraient servi à dresser des troncs ou des poteaux de bois, expliquent les chercheurs. Deux entrées sont visibles, l’une orientées nord-est, l’autre sud-ouest.


Image virtuelle


Ce complexe de bois date probablement de la même période que les mégalithes, élevés entre 2800 et 1100 ans avant J.-C, même si pour l’instant aucune datation n’a été réalisée. Et pour cause: aucun coup de pelle n’a été donné.

Les chercheurs travaillent avec des radars à pénétration de sol, ou géoradars, qui analysent la propagation d’une onde envoyée dans le sol. Ils utilisent aussi la magnétométrie, basée sur les mesures des anomalies et des variations du champ magnétique terrestre, et la prospection par méthode électrique qui met à profit la façon dont le sol résiste au passage du courant électrique (résistivité).


Trois ans de fouilles virtuelles


Les prospections géophysiques ont rapidement porté leurs fruits : Gaffney et ses collègues n’ont commencé leur campagne que le 5 juillet dernier. Il s’agit d’un projet de trois années visant à dresser une carte virtuelle du site entourant le fameux complexe mégalithique de Stonehenge (The Stonehenge Hidden Landscapes Project). Démarrant sur un rayon de 4 km, les recherches doivent s’étendre jusqu’à 14 km autour du site classé patrimoine mondial de l’humanité. Le projet est mené par l’Université de Birmingham et le l’Institut Ludwig Boltzmann pour la prospection et l’archéologie virtuelle (Vienne, Autriche).

Plusieurs cercles de pierres ont été découverts dans la plaine de Salisbury, à proximité de Stonehenge ces dernières années. Un autre henge de bois datant de 2.200 avant JC a été mis au jour à la fin des années 1920 : il est situé sur la commune d’Amesbury, à environ 3 kilomètres au nord-est du mégalithe de Stonehenge.

Cécile Dumas
Sciences et Avenir.fr
22/07/10


Image du nouveau "henge" obtenue par l'équipe de Gaffney avec la magnétométrie. (Professional Images)